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Dernière modification: 15/11/2002

Bourgtheroulde

Explosion d'une machine infernale le 14 pluviôse an X.

 

Rouen, 17 pluviôse. Un bahut et une lettre furent remis par des inconnus à la veuve Duval, aubergiste à la Bouille, le tout portait l'adresse suivante : Au C.en Pillon, aubergiste au Bourgtheroulde, pour faire tenir au C.en Ballicorne, horloger à Saint-Pierre du Bourgtheroulde. La veuve Duval remit le bahut et la lettre au messager du lieu. Celui-ci s'acquitta de sa commission. L'aubergiste Pillon fait passer la lettre à l'horloger, et, faute d'occasion, garde le bahut chez lui. A la réception de la lettre, Ballicorne se rend chez Pillon pour y prendre l'horloge qu'on dit être renfermée dans le coffre. Il arrive le 14, vers 6 heures et demie du soir, et se met sur-le-champ en devoir d'ouvrir le bahut, déposé dans la salle de Pillon. Un piton empêche d'ouvrir le crochet. Ballicorne se voit contraint d'appuyer sur ce piton ; mais à peine lui a-t-il imprimé un mouvement, qu'il se fait une explosion terrible. Des canons de fusil, appropriés à la longueur du coffre, remplis de poudre et bouchés par les extrémités, étaient, suivant toute apparence, artistement disposés dans le bahut. Des lumières y avaient été pratiquées, et le déclin d'une des armes étant parti par l'action imprimée au piton, le feu se sera sur l'heure communiqué au reste de l'artifice. L'explosion a fait sauter avec fracas les murailles de la salle, et les planchers se sont écroulés. Le malheureux Ballicorne a été jeté dehors parmi les décombres ; une femme qui était en pension chez le C.en Pillon a été tuée. L'épouse de cet honnête aubergiste est en danger de perdre la vue des suites de l'explosion, et sa malheureuse fille est menacée de ne pouvoir jamais recouvrer la vue. Un jeune matelot, qui était couché dans la salle, a également failli d'être tué.
On doit des éloges aux habitants qui se sont empressés de tirer de dessous les décombres mes tristes victimes de événement ; les secours les plus prompts leur ont été donnés.
Ballicorne était un jeune homme rempli de talent, qui avait une chambre pour travailler les jours de marché chez le C.en Pillon, tenant l'auberge de l'Aigle-d'Or.
On attribue à la jalousie cet horrible attentat.
Deux individus, domiciliés dans la commune du Bourgtheroulde, dont l'un est serrurier et l'autre horloger, sur lesquels sont tombés les soupçons, ont été aussitôt arrêtés. On apporte la plus grande activité dans l'instruction.

(Journal de Paris, 20 pluviôse an 10, 8 février 1802.)

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Rouen, 19 pluviôse. Le C.en Thorin, juge de paix du canton de Bourgtheroulde, a recueilli avec soin tout ce qui pouvait faire reconnaître les auteurs de la machine infernale, qui a fait sauter la maison du Cen Pillon. Les nommés Fleury, horloger, et Guyon, armurier, demeurant l'un et l'autre à Bourgtheroulde, avaient été arrêtés sur la clameur publique. La veuve Duval et ses domestiques ont reconnu Fleury comme étant l'individu qui avait apporté le bahut. D'après leurs dépositions et celles de plusieurs autres témoins, les deux prévenus ont eux-mêmes avoué successivement leur crime. Ils sont maintenant aux fers, et ils vont être envoyés à Evreux pour y subir leur jugement. La machine infernale était composée de sept à huit canons de fusil remplis de mitraille, les coupables ont déclaré avoir recouvert cette batterie de cinq livres de poudre. Le déclin de l'arme qui a embrasé la batterie, était attaché à une bascule, etc. La femme Pillon est toujours dans le plus grand danger. On a quelque espérance de sauver la fille. Un citoyen qui était à côté de Ballicorne, au moment de l'explosion, est aussi très dangereusement blessé. (Journal de Paris, pluviôse an X –10 février 1802)

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