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Messageries

 

Hurtaut et Magny, Dictionnaire historique de la ville Paris et de ses environs, tome 4, Paris 1779.

 
 

Voitures publiques.
Nous divisons cet article en trois branches, savoir;
1° Les Messageries royales, diligences, coches d'eau, et roulage de France. Cette première branche a quatre départements.
Les premier comprend les provinces de Lyonnais, Dauphiné, Provence, Bas-Languedoc, Bourgogne, Franche-Comté, Auvergne, Bourbonnais, les routes de Troyes et Langres, les coches d'eau établis suur la Saône, le Rhône et sur la Seine, depuis Auxerre jusqu'à Paris ; le bureau est rue St. Paul, à l'Hôtel de la Vieuville.
Le second comprend l'Orléannais, le Berry, la Touraine, le Poitou, l'Aunis, l'Angoumois, la Guyenne, la Gascogne, le Limousin, le Querci, le Haut-Languedoc, comprenant les routes de Paris à Toulouse, de Toulouse à Narbonne, à Perpignan et à Bayonne ; le bureau est rue Contrescarpe St. André des Arcs.
Le troisième comprend Strasbourg et l'Alsace, Nancy et la Lorraine, le duché de Bar, les trois Evêchés, la Champagne, Meaux, la Ferté-sous-Jouarre, Château-Thierry, la Flandre, le Hainaut, la Picardie, la Haute et basse-Normandie ; les diligences d'eau sur l'Oise, l'Aine et sur la Seine depuis Paris jusqu'à Rouen ; le bureau est rue St. Denis près les Filles-Dieu.
Le quatrième comprend le Maine, l'Anjou, le Pays Chartrain, le Vendômois, le Perche, la haute et basse-Bretagne ; le bureau est à l'entrée de la rue d'Enfer, place St. Michel.
Le bureau des Voitures de la Cour et de St. Germain-en-Laye est sur le quai d'Orsay.
2°. Les Messageries royales des environs de Paris. Cette seconde branche est divisée aussi en quatre départements.
Le premier fait le service de toutes les routes aboutissantes aux Portes St. Denis et St. Martin, jusqu'aux distances qui lui sont prescrites ; le bureau est situé grande rue du Fauxbourg St Denis.
Le second fait le service des routes aboutissantes aux portes St. Bernard, St. Jacques, St. Michel, barrière des Gobelins et Vaugirard ; le bureau est rue de Vaugirard à l'ancienne académie de la Guérinière.
Le troisième fait le service de toutes les routes aboutissantes à la Porte St. Antoine ; le bureau est rue du Pas de la Mule, près les boulevrds de la Porte St. Antoine.
Le quatrième fait le service de toutes les routes aboutissantes aux portes St. Honoré et de la Conférence jusqu'aux distances qui lui sont prescrites ; le bureau est grande rue du Fauxbourg St. Honoré à l'ancien Bureau des Coches.
3° Les Messageries Royales, Diligences, Coches et Carrosses. Cette troisième branche comprend aussi quatre départements.
1° haute et basse-Normandie, Flandre, Picardie, Strasbourg et Metz, Soissons, Rheims, etc.
2° Bordeaux, Toulouse.
3° Angers, haute et basse-Bretagne, le Maine et le Perche.
4° Lyon, Troyes et Langres.

 
 
  N.B. Dans toutes les diligences, le prix des places est à raison de 16 sols par lieue de poste, à l'exception de la diligence de Lyon ; à raison de 10 sols dans les carrosses à journées réglées, et dans les fourgons à raison de 6 sols.
Il y a pour toutes les villes du royaume des diligences, messageries, coches et carrosses et fourgons. On peut à ce sujet consulter l'Almanach royal de la présente année 1779 ; il indique avec la plus grande exactitude le jour du départ de chacun, et celui de leur retour, de même que le temps qu'ils emploient à faire leurs différents voyages.
Voy. aussi l'article Coches, tome 2, page 369.
   

 

Dictionnaire de la conversation et de la lecture, tome 13, 1857, p 99.

 
 

MESSAGERIES, entreprises établies pour le transport des voyageurs et des marchandises ; dans ce dernier cas on leur donne plutôt le nom de roulage. Autrefois les messageries étaient exploitées par des entreprises particulières, autorisées par concessions royales ; ces établissements étaient peu nombreux, peu actifs et peu commodes ; on connaît la lenteur proverbiale des coches ; en 1761 la voiture qui faisait le service public de Paris à Strasbourg partait de la rue de la Verrerie le samedi à dix heures du matin, arrivait à Bar le septième jour, à Nancy le huitième, et à Strasbourg le douzième. Turgot apporta dans ce service de grandes améliorations, et pour les réaliser plus facilement, réunit toutes les entreprises particulières de messageries pour former, sous la direction de l'État, la première entreprise générale de messageries. Les voitures publiques prirent de cette circonstance le nom de turgotines. En l'an VI ce monopole de l'État fut supprimé, et les entreprises particulières purent se former, toutefois avec l'autorisation du gouvernement. En 1805, à la faveur de ce régime, s'éleva la Compagnie des messageries imperiales; elle eut le monopole des transports publics jusqu'en 1826, époque de la création des Messageries générales. Un décret de 1807 avait permis aux entreprises des messageries de s'établir sans autorisation; mais quand une compagnie nouvelle créait un service de diligences sur une ou deux lignes, les grandes compagnies, par un abaissement considérable de leur tarif, réduisaient les directeurs de l'entreprise rivale à y renoncer; le public cependant y gagnait, car à ces abaissements énormes succédait, une fois la concurrence écartée, un abaissement moindre mais permanent. C'est ainsi que depuis 1810 jusqu'à 1830 le prix de transport pour une lieue a baissé en moyenne d'un centime par année. Les entreprises de messagerie ont du reste vu décroître rapidement leur importance depuis l'établissement des chemins de fer, qui leur enlèvent chaque année quelques nouvelles lignes.

 

Turgotines

 

 

 

 

 

 

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