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Salicetti (Christophe) 1757-1809

 

 

Biographie universelle (Ode), tome 16, Bruxelles 1846 :

   
 

SALICETTI (Christophe), né à Bastia en 1757, d'une famille originaire de Plaisance, et qui était venue s'établir en Corse par suite de la prescription des Gibelins par les Guelfes, fit ses études chez les barnabites de Bastia et étudia le droit à l'université de Pise. De retour dans sa patrie, il devint avocat au conseil supérieur de la Corse. Salicetti se prononça avec ardeur pour la liberté de son pays, et entretint des relations avec Paoli alors réfugié à Londres. Nommé en 1789 député du tiers état de la Corse aux états généraux, il obtint le décret de réunion de la Corse à la France, et l'admission de ses compatriotes au titre de citoyens français. Il provoqua ensuite le décret du 30 novembre qui rappela Paoli qu'il fit nommer commandant général de la garde nationale de Corse. L'année suivante, en qualité de membre du comité d'aliénation des domaines nationaux, il fit décréter la saisie et l'aliénation de ces biens. C'est sur sa proposition que la Corse forma un département séparé et que Biron y fut envoyé pour le commander. Nommé procureur syndic de ce département, après la session, il fut, en septembre 1792, envoyé à la Convention nationale où il vota avec la Montagne, la mort de Louis XVI sans appel et sans sursis. En mai 1795, il fut envoyé en Corse où Paoli cherchait tous les moyens de rendre l'indépendance à son pays. Salicetti dénonça à la Convention Paoli qui venait de se faire proclamer généralissime, et fit tous ses efforts pour s'opposer aux projets de son ancien ami. Mais son parti étant le plus faible, il quitta précipitamment la Corse et se rendit en Provence où il fut nommé, conjointement avec Barras, Robespierre le jeune, Fréron, Gasparin et Ricord, commissaire auprès de l'armée du Midi chargée de réduire Marseille et Toulon révoltées contre la Convention. Envoyé l'année suivante à l'armée d'ltalie, comme commissaire de la Convention, il communiqua au peuple génois la proclamation à l'occasion de l'entrée des troupes françaises sur son territoire. Rappelé comme terroriste, après le 9 thermidor, il fut décrété d'arrestation, mais il ne tarda pas à être compris dans l'amnistie décrétée par la Convention avant qu'elle se séparât. Au mois de février 1795, le Directoire l'envoya comme commissaire à l'armée d'ltalie commandée par le général Bonaparte. Salicetti, qui reconnut promptement la rare capacité du héros dont il était chargé de surveiller la conduite et de contrarier les plans, se dévoua aussitôt à ses intérêts et les vanta au Directoire. Lorsque les Français entrèrent à Milan, il publia des proclamations pour appeler les Lombards à la liberté. Il prit part ensuite à l'armistice conclu avec le pape et à l'occupation de plusieurs villes de l'État de l'Église. Envoyé en Corse vers la fin de 1796 en qualité de commissaire, il fut nommé député au conseil des Cinq-Cents, où il siégea en avril 1797. Il y prit la défense du Directoire contre les conseils, demanda, deux jours après le 18 fructidor, que le Directoire fût autorisé à faire des visites domiciliaires, et s'opposa à la radiation du député Siméon de la liste des émigrés. Salicetti resta fidèle à ses principes républicains, et fit partie de la société du Manège et de celle de la rue du Bac ; mais le retour d'Égypte de Bonaparte, pour lequel il professait la plus haute estime, vint changer entièrement ses opinions ; et il seconda puissamment, quoiqu'en secret, l'attentat du 18 brumaire. Dans la nuit du 19 au 20, une douzaine de députés du conseil des Cinq-Cents, accompagnés de Bernadotte, s'étant rassemblés chez Salicetti leur collègue, qu'ils ne soupçonnaient point de trahison, convinrent que le lendemain la séance du conseil s'ouvrirait dès neuf heures à Saint-Cloud, qu'on n'en préviendrait que les députés de leur opinion, et qu'à l'imitation du conseil des Anciens, qui avait nommé Bonaparte général de sa garde, le conseil des Cinq-Cents nommerait Bernadotte au commandement de la sienne. Salicetti courut aussitôt informer Bonaparte de ce projet. Fouché, ministre de la police, prit des mesures, plaça aux abords de Saint-Cloud des postes militaires, avec ordre de ne pas laisser passer les conjurés, et fit entièrement échouer leur tentative. En 1800, Bonaparte le chargea d'une mission en Corse, et l'envoya ensuite à Lucques comme ministre extraordinaire, afin d'y présider à l'établissement d’une nouvelle constitution. En mars 1802 , il fut envoyé à Gênes avec la même qualité, pour y faire voter la réunion de ce pays à la France ; mais il ne put réussir dans sa mission. En 1806, à l'avènement de Joseph Bonaparte au trône de Naples, Salicetti fut nommé son ministre de la police générale et ensuite ministre de la guerre ; il déploya dans ces deux postes une grande énergie et sut déjouer par sa fermeté les projets des nombreux ennemis du nouveau gouvernement. Pendant le siège de Gaëte, il s'opposa avec force à ce que Joseph, qu'effrayait l'insurrection de la Calabre, abandonnât sa capitale, et lui rappela que lorsqu'on se faisait roi il fallait savoir mourir à son poste. On a reproché à Salicetti des actes arbitraires, l'emploi d'agents provocateurs, une sévérité implacable, et d'avoir enfin établi à Naples une sorte de terreur. Il serait juste toutefois de reconnaître qu'entouré d'ennemis, tant à l'intérieur qu'au dehors, et que dans la nécessité de se défendre contre des insurrections sans cesse renaissantes excitées par les Anglais et l'ancienne famille royale de Naples réfugiée en Sicile, Salicetti ne fit autre chose que ce que lui commandaient la difficulté de sa position et la conservation d'un trône qu'il s'était chargé de défendre. Sa conduite fut bien moins cruelle et surtout bien plus motivée que celle des ministres de la restauration des maisons de Bourbon à Naples, en Espagne et en France, lesquels, sous de faux prétextes de paix publique, n'exercèrent que des vengeances inutiles contre des hommes inoffensifs. La paix de Tilsitt ayant rétabli le calme dans le royaume de Naples, Salicetti renonça aussitôt aux mesures de rigueur que les circonstances où il s'était trouvé l'avaient forcé de prendre, et prouva, par sa modération, sa justice et sa générosité, qu'il n'était ni cruel ni vindicatif. Lorsque Joseph échangea la couronne de Naples contre celle d'Espagne, Salicetti préféra rester a son poste plutôt que de suivre Joseph, et gouverna seul le royaume jusqu'à l'arrivée de Murat. Il continua à se concilier l'affection des Napolitains, et lorsque Joachim eût pris possession de son trône, l'opinion publique le détermina à continuer Salicetti dans ses fonctions de ministre de la guerre. Néanmoins Murat, jaloux de sa popularité et ne voulant point être gouverné par un ministre, lui ôta son portefeuille et le remplaça par le général Reynier. Napoléon, qui s'était aperçu que Murat avait quelques velléités d'indépendance, renvoya à Naples Salicetti qui s'était rendu a Paris après sa disgrâce, et le chargea de surveiller le roi et de se mettre à la tête du parti français avec la reine à laquelle il s'était entièrement dévoué. Lorsque Murat, pour favoriser le parti national, se détermina à renvoyer tous les Français non naturalisés, Salicetti s'opposa à ce projet, mais ne put empêcher le décret d'être rendu. Pour le dédommager de la disgrâce qu'il venait d'éprouver à Naples, Napoléon le nomma membre de la consulta chargée de prendre possession de Rome. Il s'y trouva à l'époque de la prise des îles d'Ischia et de Procida par l'armée anglo-sicilienne, qui, débarquée en Calabre, menaçait Naples. Murat, à la tête de 12.000 hommes, allait se retirer derrière le Volturne, lorsque Salicetti arriva en toute hâte à Naples, rétablit le calme dans la ville, déploya son énergie ordinaire, et organisa une garde nationale qui assura le bon ordre et tint ferme à son poste jusqu'à ce que la bataille de Wagram vint mettre fin à cette crise. Salicetti mourut subitement au mois de décembre de l'année 1809, en sortant d'un dîner que lui avait donné le préfet de police de Naples, Maghella. On crut d'abord qu'il avait été empoisonné, mais il parait certain qu'il succomba à une attaque de colique néphrétique a laquelle il était sujet.

 
 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

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